Gardes ta langue / שמירת הלשון
Définition
Jusque là, nous avons parlé des propos à caractère diffamatoire. La seconde catégorie de lachon hara, ce sont les propos susceptibles de causer du tort à autrui, au plan matériel, émotionnel ou financier.
Le Talmud enseigne qu'il est également défendu de causer du tort indirectement (grama binezaqin assour). N'importe quel propos susceptible de causer un préjudice, même s'il n'est pas diffamatoire, constitue du lachon hara et est par conséquent interdit.
Une triple tragédie
Le Midrach Choher Tov rapporte :
Dans l’académie de Rabbi Yichmaël, on enseignait : celui qui dit du lachon hara commet des fautes aussi graves que les trois péchés cardinaux : l’idolâtrie, l'immoralité et le meurtre. Il est écrit, à propos du lachon hara : "Que D. supprime toutes les lèvres perfides, la langue qui dit des paroles hautaines [גדולות]" (Tehilim 12,4) ; à propos de l'idôlatrie : "Hélas ! Ce peuple est coupable d'un grand péché [חטאה גדולה]" (Chemot 32,31) ; à propos de l'immoralité: "Comment pourrais-je commettre cette grande faute [הרעה הגדולה] ?" (Béréchit 39,9) ; et à propos du meurtre : "Mon crime est trop grand [גדול] pour être supporté" (Béréchit 4,13). [Comme on le voit, le pluriel, גדולות, n'est utilisé que pour le lachon hara.] Ou encore : l'assassin ne tue qu'une personne. Celui qui dit du lachon hara en tue trois : celui qui médit, celui qui l'entend et la personne visée. D'où le savons-nous ? De Doèg qui causa la perte de Chaoul, celle d'Ahimélekh et la sienne, en disant du lachon hara sur le compte d'Ahimélekh (Chemouël I, chapitres 21 22). Chaoul, qui crut les paroles de Doèg [mourut à cause de cela] comme il est dit : "Chaoul mourut à cause de l'infidélité qu'il avait commise envers D." (Divrei Hayamim 1, 10,13). Ahimélekh [mourut à cause de cela] comme il est dit : "Assurément tu mourras, Ahimélekh" (Chemouël I, 22,16). Quant à Doèg, il fut banni du monde [à venir], comme il est écrit : "Aussi D. t'abattra-t-Il pour toujours" (Tehilim 52,7). Or, quelle fut la cause de tous ces malheurs ? Le lachon hara (Midrach Choher Tov, Tehilim 52,2).
Ce midrach ne peut pas vouloir dire que le lachon hara est plus grave que les trois fautes capitales, qui sont punies de mort, ce qui n'est pas le cas pour le lachon hara. Ce que le midrach signifie, c'est que le lachon hara peut amener à transgresser beaucoup de fautes très graves (Maharcha).
 
 
לעילוי נשמת דניאל כמייס בן רחל לבית כהן